Cinquième descente de la Loire. Troisième (et dernière) journée de navigation.

2 juillet 2018

 

Au milieu du bras blog

Mouillage au milieu d’un petit bras de la Loire

Réveil vers six heures pour constater que le bateau, après la forte tempête de la nuit, s’était repositionné à une cinquantaine de mètres de son premier point d’ancrage, en plein milieu du bras secondaire.

Tout est calme, aucun risque à l’horizon. Par acquis de conscience, je sonde le fond avec une pagaie. C’est profond. Si je descendais du bateau pour le remettre sur son mouillage initial, j’aurais de l’eau au-dessus de la taille. En cas de chute dans le lit de cette rivière, en glissant sur le fond par exemple, le courant m’emporterait. Une situation délicate que j’aurais à gérer plus tard …

En attendant que la température se réchauffe, je reste à somnoler dans mon duvet. Une heure après, une bourrasque se leva et, soufflant à contre-courant, poussa miraculeusement le bateau jusqu’au point d’où il était parti !

Je réagis aussitôt en remontant le grappin et en le repositionnant dans un coin tranquille, prêt à repartir pour le rendez-vous en amont du barrage.

Il était encore tôt et je me remis dans mon duvet …

*

Une pluie fine se mit à tomber. Stoïque, sans la protection de la tente, repliée la veille en attente de la tempête, j’attendais que le grain passe et que je puisse préparer mon petit-déjeuner.

Mauvaise pioche ! Des trombes d’eau se déversèrent et inondèrent rapidement le bateau. Tout était trempé autour de moi et, au bout d’une heure, le plancher baignait dans l’eau. Situation catastrophique car il devenait évident que la pluie ne cesserait pas de la matinée et qu’il serait impossible d’écoper l’eau tant que le plancher resterait en place !

Un coup de fil de Denise me confirme qu’elle arrivera bien en fin de matinée. Ne sachant pas exactement combien de temps il me faudrait pour rejoindre le point de rendez-vous, je me mis en route sans prendre de petit-déjeuner.

*

La pluie tomb bloge

La plus s’est mise à tomber drue …

Ciel bas, pluie ininterrompue, vent défavorable …

Je dépense beaucoup d’énergie pour maintenir le bateau dans le courant principal. Déjà difficile à manœuvrer à cause de son poids, l’eau embarquée a augmenté son inertie.

J’avance péniblement en craignant que le trajet ne prenne plus de temps que prévu.

Peu à peu, il devient clair que je suis dans une mauvaise situation. Le temps ne virant pas au beau fixe, il me sera impossible de tout sécher et de repartir pour quelques jours supplémentaires …

Après un rapide échange téléphonique avec mon épouse, nous tombons d’accord que cette descente s’interrompra aujourd’hui.

*

A l’approche de la centrale nucléaire de Saint Laurent

Les berges très boisées ne laissent pas entrevoir ce qui pourrait être une levée ou un ancien chemin de halage. A ce moment, je suis toujours à penser que, comme à la centrale de Belleville, le chemin de portage est bien visible depuis le fleuve et que l’on a le temps de l’accoster en amont pour ne pas se trouver brutalement devant l’obstacle.

Le ciel bas, la masse inquiétante de la centrale se rapprochant inexorablement, le manque de dégagement sur le paysage et l’absence de toute signalétique indiquant le chemin de portage augmentent mes craintes de me retrouver en haut du barrage sans possibilité d’échappement.

Sauter sans avoir repéré l’obstacle est un jeu de roulette russe ! Mon appréhension grandit d’autant que le bruit de la chute d’eau du barrage se fait de plus en plus net ! A l’évidence j’en suis à moins de cent mètres mais je ne vois toujours rien. Je dois avouer qu’à ce moment là j’ai paniqué.

De son côté Denise me prévenait qu’elle avait beaucoup de mal à trouver un chemin carrossable pour arriver en voiture au pied du barrage.

Je surveillais bien mon avance sur l’application Plan de mon IPhone mais les indications étaient imprécises. J’eus alors l’idée de passer en mode « satellite » affichant la vue aérienne des lieux. Je compris alors qu’il n’y avait aucun chemin de halage et qu’en continuant à longer la berge boisée, je me retrouverai directement sur le barrage.

Très inquiet, redoutant d’avancer jusqu’à un point de non-retour, je lançais le grappin sur une petite portion de berge dégagée pour descendre à terre dans l’espoir d’y voir plus clair. Mais impossible de quitter cette bande de terre, c’était une île.

J’étais très mal quand  un appel de Denise m’annonça qu’elle se trouvait sur la zone de portage. Je remontais dans le bateau et en ramant très doucement, tout près de la berge, je la vis apparaître une trentaine de mètres plus loin, debout sur une minuscule jetée en béton.

Ouf !

*

Centrale de Saint Laurent blog

Le barrage de la centrale nucléaire

Elle avait réussi à positionner la voiture assez près du lieu de débarquement ce qui facilita le transfert de tous les équipements.

Cela prit encore deux bonnes heures et durant ce temps, deux autres kayakistes se présentèrent pour effectuer leur portage. L’un d’eux, en kayak gonflable très bien équipé, avait entrepris la longue descente de Nevers à la mer. Il lui restait encore bien du chemin … Il pratiquait aussi l’autarcie et avait résolu le problème de l’eau potable en emportant un purificateur portatif. J’en ai gardé l’idée pour une prochaine descente …

Une fois tout le matériel installé dans la voiture, je suis allé prendre des photos du barrage. Impressionnant. Oui, la Loire est bien barrée sur toute sa longueur par un ouvrage assez haut en forme de déversoir. Aucun chemin de halage n’offrait de dégagement. L’ayant reconnu au préalable et, sous l’effet de la contrainte, j’aurai pu le sauter …

Les deux équipages que nous avons croisés se sont aussi plaints de l’absence d’une signalétique visible depuis le fleuve. EDF pourrait faire un effort pour les nombreux canoéistes et kayakistes qui descendent la Loire tous les ans !

La fin du voayge ter

Débarquement sur le chemin de portage en amont de la centrale

*

J’étais exténué et je n’avais qu’un désir, renter au plus vite et dormir !

Aucun regret d’avoir dû écourter cette descente que, le matin même,  j’envisageais plus longue …

J’avais déjà ressenti toutes les émotions et toutes les sensations que j’attends de ce genre d’aventure en solitaire …

 

2 réflexions sur “Cinquième descente de la Loire. Troisième (et dernière) journée de navigation.

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